Qualiopi : une certification dont je refuse les diktats…

Depuis toujours, j’éprouve l’étrange sensation que la société et l’éducation tentent de me formater afin que je corresponde parfaitement à tout ce qu’il est possible d’attendre de moi : être une enfant obéissante, une collégienne appliquée, une lycéenne sérieuse, une salariée productive, au service d’un système économique inéluctable, et dont les rêves se limitent à « vouloir gagner sa vie » afin d’acheter « tout ce qu’il est possible d’acquérir » et si possible « une maison », consommer des « vacances », me marier, avoir des enfants, en attendant patiemment que la retraite arrive pour pouvoir profiter de mon temps de liberté…

Si jamais j’en ai les moyens financiers…

Depuis toujours, je sens bien que quelque chose cloche dans ce système que l’on me présente comme la seule issue possible, alors que je ne rêve que de liberté, de changement, de mouvement, de créativité, d’amour, d’amitié, de contribution, d’expériences nouvelles, de curiosité, de partage, d’ouverture au monde, de joie… et tout ça sans avoir à endurer ce que je vis profondément comme des contraintes insupportables : être « sage », « sans rien qui dépasse », « conforme », « sans se faire remarquer », « sans trop bouger », « sans éclat », « politiquement correcte », bref, une vie sans aucune saveur à mon sens si je dois me contenter de rentrer dans ces fameuses « cases ».

Lorsque j’ai intégré l’Education Nationale, c’était avec la conviction qu’il me serait possible d’incarner les valeurs auxquelles je croyais, et que j’avais envie de transmettre aux enfants qui m’étaient confiés… Au fil de ma carrière pourtant, les contraintes que je fuyais tant me rattrapèrent rapidement et je me suis retrouvée comme « coupée » en deux, partagée entre l’énergie qui m’animait et le rôle que l’institution me demandait de jouer : « évaluations », « livret de compétences », « PPRE », « Progressions », « Programmations », « PAI », « Rapports »… ont eu raison de ma capacité à me sentir intégrée dans un système qui ne me ressemblait pas et qui me demandait de coller des « étiquettes » alors que je me refusais depuis toujours à le faire pour moi-même…

Comment m’était-il possible d’inscrire dans des « cases » des enfants dont je savais pertinemment qu’ils étaient bien autre chose que ce que l’institution voulait bien en percevoir ?

Aujourd’hui, alors que j’ai créé mon organisme de formation, voici que s’invite Qualiopi, qui me demande à nouveau de prouver que je rentre bien dans les cases voulues par des institutions qui s’immiscent de plus en plus à mon goût dans nos sphères privées : quid de la liberté de choisir sa formation ? Quelle garantie quant à la qualité d’une formation puisqu’il suffit de bien remplir des cases et de financer un audit pour obtenir la certification ? Quid de la relation humaine dans le processus de formation ? Sa qualité se résume t-elle à un ensemble de « normes » déterminées par les tenants d’une « vérité » pédagogique ? Pourrait-on un jour imaginer que chacun(e) soit libre de choisir la formation qui lui tient à coeur ?

Non, je n’ai pas quitté l’Education Nationale pour plonger aujourd’hui dans la bouillie Qualiopi !

Il m’a fallu sortir d’un « égrégore », pour retrouver enfin ce que je suis au plus profond de moi : quelqu’un qui peut non seulement avoir envie d’accompagner, mais également gérer un centre de documentation, organiser des événements, donner des conférences, écrire, s’occuper d’insertion professionnelle, peindre, dessiner, danser, exprimer sa créativité, lancer des projets, mettre en relation… Une personne qui a juste envie de contribuer à redonner sa place à l’énergie essentielle de tout être humain : l’amour de soi… et du monde… 

J’ai bien conscience aujourd’hui que parler d’amour peut paraître complètement incongru à certains… Il est bien plus rassurant pour beaucoup de se sentir intégrés dans ces fameuses « cases » dont même si je sais qu’elles me limitent, concourent à me procurer un sentiment de sécurité, ce que je peux parfaitement entendre…

Et pourtant, je garde en moi la conviction que l’amour est la source qui contribue à tout changement dans le monde, à commencer par l’amour de qui je suis… C’est tout le sens des accompagnements que je propose aujourd’hui à tous ceux ou celles qui me contactent pour commencer à cheminer vers leur être, en quête de leur contribution à apporter dans le monde…

Alors, j’assume complètement de ne pas rentrer dans les « cases », de ne pas correspondre encore une fois aux cadres bien établis des institutions qui nous régissent. J’assume d’accueillir chacun(e) dans l’ouverture du coeur, juste à l’écoute de ce qui se dépose auprès de moi, d’être simplement une humaine qui accompagne à redonner du sens à la vie de ces êtres en quête d’eux-mêmes, afin de leur permettre d’occuper la place qui leur revient…

Alors, non, je ne serai décidément jamais « Qualiopi » et je le revendique !

Ma plus belle récompense est celle de voir la joie qui anime ceux que j’accompagne lorsqu’ils repartent avec des étoiles dans les yeux !

Mais ça, cela semble inimaginable dans ce monde orwellien…  

Et vous, comment le vivez-vous ? Répondez en commentaire…


Cathy

Accompagnante de l'Être ❤️ | Messagère du vivant 🕊🖋| Exploratrice de l'invisible 🌟 | Collectionneuse de chouettes 🦉🧙‍♀️

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